Depuis qu'Hollande s'est permis de donner une énième leçon de démocratie à des présidents souverains (mais pas toujours au dessus de tout soupçons), certaines voix se lèvent pour demander une REmodification de constitutions vielles d'à peine une décennie.

                                                        

opinion

« Une révision de la constitution s’impose » ai-je pu lire au gré de mes pérégrinations sur internet. Ce sont aujourd’hui les opposants au Président Déby qui sollicitent la modification des textes qui fixent l’organisation et le fonctionnement de notre Etat. Mais que se passe-t-il ? Seraient-ils devenus aussi « anti-démocratiques » que le « tyran » du Palais Rose (au passage, ce surnom qui désigne le palais présidentiel n’est vraiment pas approprié et fait perdre toute sa symbolique au lieu. On se croirait dans l’univers merveilleux de l’écrivain britannique Lewis Carrol ou du monde magique de Charlotte aux fraises) ?

J’en reviens donc à mon sujet du jour. La modification de la constitution. Elle a fait basculer Compaoré au Burkina Faso. Elle fâche Joseph Kabila avec son opposition et fait perdre l’élection à la tête de l’OIF au Congo de Denis Sassou-Nguesso. Du côté de Ndjaména, cette formalité législative ou référendaire (ce qui fut notre cas) a eu lieu le 6 juin 2006, voilà près de 10 ans. Le « oui » à la modification de trois articles de la constitution l’avait emporté avec 77,8 % des suffrages exprimés. C’est ce que retiennent en tout cas les annales de l’histoire récente de notre pays.

Est-ce que ce sont les ardeurs dakaroises du président français Francois Hollande, qui tançaient ceux qui se risqueraient de toucher à leurs constitutions, qui réveillent subitement certains de nos concitoyens ?  A l’instar des partis d’opposition togolais ou béninois… L’Afrique est sur certains points tellement uniforme !

Trouvez une autre voie

Non messieurs, on ne peut pas reprocher à Déby de vouloir jouer à l’alchimiste-constitutionnaliste et dix ans plus tard réclamer une nouvelle modification. Sur le site du blogueur Makaila Nguelba, un certain  Belemgoto Macaoura a écrit un billet à ce sujet  dans lequel il dit  « en 2011 lorsqu’Idriss Déby a remporté les élections présidentielles, il a déclaré à la face du monde que c’était son dernier mandat ». L’avez-vous cru sur le moment ? Je ne pense pas. De quoi vous plaignez-vous donc aujourd’hui ? Plus loin dans ce papier on peut lire : « Une Constitution d'un pays ne doit pas changer selon l'humeur et l'envie de celui qui est au pouvoir. » A cela je vous rétorquerai qu’elle ne peut, non plus, changer selon les humeurs et le changement de stratégie de l’opposition politique.

Amender à nouveau la constitution de notre pays reviendrai à reconnaitre notre immaturité en la matière. Je propose donc en tout humilité à nos opposants politique de descendre dans l’arène et de prendre leur responsabilité au lieu de lancer des communiqués qui n’ont aucun effet sur le cours de la vie politique.